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Camus a pas mal déjà tout dit sur la pandémie

dimanche 17 mai 2020 par SocraticDev

Le roman La Peste d'Albert Camus fut publié au mois de juin 1947. Depuis le début de la pandémie de Covid-19, beaucoup de lecteurs se sont procuré une copie du livre ou ont fouillé dans leur bibliothèque pour le relire.

On y suit l'évolution de la peste dans une ville d'Algérie française. C'est surtout le parcours du docteur Bernard Rieux qui nous fait pénétrer dans l'esprit de cette ville qui passe du déni, à la colère, à la négociation et l'acceptation.

Le narrateur présente subtilement des thèmes et questions philosophiques comme l'angoisse et l'absurdité de l'existence humaine. Camus offre même un clin d'oeil aux amis par la mort sur scène d'un comédien interprétant Orphée et Eurydice à l'opéra municipal.

Cottard, un éveillé dans la ville close

La seule façon de mettre les gens ensemble, c'est encore de leur envoyer la peste.

"Il y avait pourtant dans la ville un homme qui ne paraissait ni épuisé, ni découragé, et qui restait l'image vivante de la satisfaction. C'était Cottard."

Avec celui-là (Tarrou), avait dit Cottard à Rambert, on peut causer parce que c'est un homme. On est toujours compris.

"Ainsi Cottard, et toujours selon l'interprétation de Tarrou, était fondé à considérer les symptômes d'angoisse et de désarroi que présentaient nos concitoyens avec cette satisfaction indulgente et compréhensive qui pouvait s'exprimer par un : 'Parlez toujours, je l'ai eue avant vous'."

Vous les entendez, m'a-t-il affirmé : après la peste je ferai ceci, après la peste je ferai cela ... Et ils ne se rendent pas même compte de leurs avantages [...] Ils sont malheureux parce qu'ils ne se laissent pas aller. Et je sais ce que je dis.

"[...] Mais parce qu'il a ressenti tout cela avant eux, je crois qu'il ne peut pas éprouver tout à fait avec eux la cruauté de cette incertitude [...] Mais puisque lui-même a vécu dans la terreur, il trouve normal que les autres la connaissent à leur tour."