Dimanche matin dernier, j'ai emprunté le livre Les Têtes brûlées de Catherine Dorion à la bibliothèque Gabrielle-Roy au centre-ville de Québec.
Hier soir, lundi, j'ai terminé sa lecture.
Since being elected to Quebec's National Assembly last year, Catherine Dorion's clothing choices have received plenty of attention.
Known for wearing tuques, T-shirts and Doc Martens in the legislature, the 37-year-old politician is at the centre of a heated debate over what elected officials should wear to work.
When Dorion showed up to the National Assembly wearing an orange hooded sweatshirt last week, it quickly became the latest flashpoint.
CBC News, "Hoodie-wearing Quebec MNA challenges the dress code, and takes heat for doing it", 2019-11-13
À moins que vous ayiez un coeur de pierre ou le mindset d'un nihiliste, je vous souhaite le plaisir de lire Les Têtes Brûlées. Je suis convaincu que ce livre m'a rendu un peu moins con et a rallumé une certaine lumière pour me permettre de comprendre les valeurs et les motivations des marginaux, des artistes, des gauchistes ; des hopepunks qui ne veulent pas vivrent dans le moule.
Catherine Dorion, députée à l'Assemblée nationale du Québec de 2018 à 2022, pose un regard sur son expérience personnelle dans la vie politique en contraste avec son identité et les valeurs qui l'habitent depuis la jeunesse. L'auteur tire à profit des épisodes de sa vie personnelle pour illustrer de façon forte ses valeurs comme la création artistique, la vie communautaire et la justice sociale. Je me suis délecté en lisant sa caractérisation et sa critique du monde du travail et des rapports de pouvoir à tous les niveaux de la société. L'image de la cour d'école pour illustrer la naissance des hiérarchies sociales est une des plus fertiles, selon moi.
C'est un livre unique qui n'est ni une auto-biographie ni un exposé complet de la vie politique au Québec. On y retrouve des citations et des extraits d'auteurs moins connus qui méritent de l'être davantage ; comme l'écrivain et homme politique québécois Gérald Godin et l'anthropologue Xian Biao. Ce qui m'a particulièrement fasciné c'est la capacité de Catherine Dorion de faire monter des émotions dans le lecteur. Le pathos nécessaire pour souligner les blessures vécues par les victimes de harcèlement et de l'acharnement des médias. Dans le cas de Catherine, je crois aussi le sentiment d'être pris au piège ; peu importe ce que tu fais, tu vas recevoir un coup de bâton. Dans le cas de Catherine, elle a compris que les médias lui feraient toujours des misères : qu'elle soit présente à un événement de son parti politique ou qu'elle s'y absente, elle sera réduite au ridicule.
En la lisant, on comprend que Catherine est dotée d'une ouverture d'esprit et surtout d'une empathie rare qui lui permet de comprendre à peu près pourquoi beaucoup de gens ne vont pas dans son sens. Elle revendique le droit et devoir d'être elle même tout en reconnaissant cette prérogative à autrui. C'est une grande force morale.
C'est un livre pour qui ?
Ben, c'est un livre pour quelqu'un qui s'oublie trop dans le travail et la routine. Pour quelqu'un qui ne vote pas nécessairement Québec Solidaire. Qui n'est pas engagé dans la lutte social. Qui ne sort pas manifester. Qui travaille trop, regarde le rendement de ses REER et a quasiment abandonné l'idée d'un monde meilleur ; comme celui auquel les jeunes croient encore.
Mais quelqu'un qui a encore assez de curiosité et d'empathie pour vouloir comprendre la vie des autres.

