trois livres recommandés pour le 1%

dimanche 17 mai 2026 par SocraticDev

On vous connaît comme un lecteur assidu alors on vous demande des recommandations de lecture. Ne le prenez pas au premier degré : cette personne n'a probablement aucune intention de se procurer le livre que vous allez suggérer. Au mieux, elle va se le procurer, commencer à le lire, et le détester.

C'est surtout pour entrer en relation et pour alimenter une discussion sympathique qu'on vous parle de livres, de votre passion. Soyons honnêtes : la majorité des gens ne lisent pas. Avec la réduction de la capacité d'attention induite par la technologie envahissante, lire est devenu un défi du même calibre que de courir son premier marathon.

En reconnaissant la véritable motivation derrière ce genre de question, vous allez vous libérer de vos attentes, qui sont habituellement déçues. Vous vous rendrez plutôt disponible à une conversation sympathique avec quelqu'un qui s'intéresse à vous.

Un bémol. Si on détourne la conversation pour parler "du film tiré du livre", alors vous avez le droit de trouver n'importe quel prétexte pour vous enfuir.

Tout de même pour le 1 % à court d'idées de lecture, je recommande deux romans modernes qui vont titiller votre disjoncteur intellectuel ainsi qu'un récit de voyage tellement passionnant qu'il, à coup sûr, sera lu jusqu'à la dernière page.

Pour moi, le premier critère pour recommander un livre c'est de l'avoir lu jusqu'à la fin et ce, en un temps record. Un livre tellement fascinant qu'on le consomme jusqu'à la dernière page. Tellement agréable à lire qu'on le relit régulièrement.

Alfred Lansing (1959), "Endurance: Shackleton's Incredible Voyage"

Le navire nommé Endurance est un trois-mât conçu en Norvège et construit au chantier maritime Framnæs en 1912. Le 21 novembre 1915, le navire a coulé dans la mer de Weddell, au large de l'Antarctique.

Pour savoir ce qui s'est passé - comment l'explorateur Sir Ernest Shackleton, le navigateur Frank Worsley, la vingtaine de membres de l'équipage, la dizaines de chiens de traineau à bord, et le chat s'en sont sortis - il faut lire le livre de 353 pages.

Bret Easton Ellis (1985), "Less Than Zero"

Si vous avez présentement des problèmes d'humeur, d'anxiété, ou d'angoisse, je vous déconseille de lire ce livre

C'est une immersion dans l'univers social de jeunes adultes de la classe supérieure de Los Angeles dans les années 1980. Ils n'ont ni Internet ni intelligence artificielle ni téléphone intelligent, mais la drogue, le sexe et le vide existentiel y sont omniprésents.

Se déroulant à Los Angeles au début des années 1980, ce roman captivant et fascinant est un portrait brut et puissant d'une génération perdue. Ils ont expérimenté le sexe, la drogue et le désenchantement trop tôt, et ont vécu dans un monde façonné par le nihilisme désinvolte, la passivité et trop d'argent.

Dans un style gonzo qui épouse l’esprit du personnage principal, Clay, on s'immisce dans son retour à la maison depuis son université du New Hampshire pendant le temps des Fêtes. Ce qu'on peut lire dans son esprit est inquiétant tant c'est neutre et fade : une absence de sens et de réflexion. Il vit des expériences troublantes avec un détachement inquiétant. Son esprit est tellement fade que c'est comme un cœur qui s'arrête de battre.

Lire ce livre c'est comme pouvoir manger du poulet cru sans avoir peur de tomber malade et d'en mourir.

Jonathan Ames (1998), "The Extra Man"

Un autre roman dans le style gonzo ; où lecteur se place dans l'esprit du personnage principal: Louis Ives. Un intellectuel et artiste paumé vivant à New York City avec un locataire haut en couleur. L'acteur retraité Henry Harrison : un excentrique menant une vie guidée par des idiosyncrasies hilarantes.

"Voici Louis Ives : soigné, romantique et aussi captivant qu’un héros de F. Scott Fitzgerald. Sauf que ce héros a un faible pour les vêtements féminins, et qu’il a perdu son poste d’enseignant à la Pretty Brook Day School de Princeton University après un regrettable incident impliquant le soutien-gorge d’une collègue."

Personnellement, je recommenderais n'importe quelle oeuvre de Jonathan Ames. Un peu comme David Sedaris, il mêle sa personnalité riche à ses personnages et chacun de ses nouveaux livres prend ses lecteurs là où il les avait laissé. The Extra Man, avec les péripéties causées par le colocataire est une valeur sûre pour entrer dans son univers.

Du comfort food pour le lecteur qui a du flair.